mercredi 31 mars 2010

L'inconnu sur la terre 1


"Je voudrais vous parler loin, longtemps, avec des mots qui ne seraient pas seulement des mots, mais qui conduiraient jusqu'au ciel, jusqu'à l'espace, jusqu'à la mer. "

                J.M.G. La Clézio
 Premières lignes de "L'inconnu sur la terre" de J.M.G. Le Clézio.


Technique : Médium enduit, pigment noir de fumée, utilisé en humide sur humide, à la manière de l'aquarelle. Ecriture à l'aquarelle gris de Davy. Les bords sont poncés et les coins arrrondis pour donner de la douceur.
Année : 2006


Ce petit tableau, 20 x 30, est le premier d'une série de deux. J'ai peu de mots pour en parler, ce sont les couleurs et la composition qui s'en chargent, par exemple le petit espace aux deux tiers du tableau.
J'ai lu ces premières lignes du livre de J.M.G. Le Clézio il y a plus de vingt-cinq ans, je n'ai pas oublié l'émotion ressentie. Les écritures de ce tableau sont de mon point de vue calligraphique, imparfaites. Cependant, c'est ainsi qu'elles m'ont parues les plus justes, aériennes, correspondant à ce que je ressens en lisant ces lignes.
Le tableau jumeau reprend  la suite du texte de Le Clézio. Il est moins flou, le propos se précise,  et les formes, les écritures du tableau sont en tension pour pouvoir vibrer.



Post du 30 janvier

En savoir plus sur J.M.G. Le Clézio

Le livre n'est plus disponible en Nrf actuellement. Mais il l'est dans la collection "L'imaginaire" chez Gallimard.


dimanche 28 mars 2010

Popville





Connaissant mes goûts, une amie m'a fait découvrir un autre petit bijou de livre animé : "Popville". Il a été conçu par deux diplômés de l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg Anouck Boisrobert et Louis Rigaud. Le texte final est de Joy Sorman. Il est édité chez "Hélium".
Ce livre repose sur une structure progressive, utilise les couleurs primaires et un graphisme qui évoque le plan, à chaque double page des éléments arrivent. Les personnages sont absents, on ne voit que le résultat de leur activité.
Après l'émerveillement visuel, le texte placé à la fin  explique et dispense une émotion subtile.
Je vous souhaite un moment agréable.

mercredi 24 mars 2010

Diaporama du W du stage de Denise Lach : Ecritures méconnues

Boîte "Écritures méconnues" et document de départ : runes.

Lors de ce stage "Écritures méconnues", Denise Lach nous a proposé de travailler à partir d'écritures anciennes. Elle nous a donné le choix entre une écriture éthiopienne thérapeutique magique du 19ème siècle, un manuscrit malgache et un document runique datant de 320 après J.C. J'ai choisi la dernière proposition, car tout à fait par hasard, je lisais un livre sur les runes à ce moment-là et que les formes me parlaient. Comme pour le stage précédent, le paramètre taille reste fixe. Les feuilles mesurent 25x25 cm et la fenêtre 12 x 12 cm.
J'ai pris beaucoup de plaisir à travailler sur ces caractères runiques. Et ils se retrouvent sous une forme plastique dans un certain nombre de mes tableaux. J'ai en effet décalqué et reporté sur du lino deux des essais. Je les utilise dans un rôle plastique en impression partielle ou répétitive pour créer des trames.




En utilisant les vides que je colore ou en n'imprimant qu'une partie de la trame, je privilégie l'aspect graphique.





Quelques exemples d'utilisation :




mardi 23 mars 2010

Diaporama du W de stage avec Denise Lach : Textures d'écritures

Je vous présente dans le diaporama "Textures d'écritures" le travail que j'ai mené sous la conduite de Denise Lach pendant trois jours en 2006. J'ai tout mis, réussi ou pas, esthétique ou laid, là n'est pas la question. Il s'agit de chercher, d'explorer systématiquement des pistes, sans à priori. L'ensemble du travail est gardé dans une boîte, sur le conseil de Denise. Donc, tout est au même format, placé dans une fenêtre de 16 x 9 cm, sur des feuilles mesurant 24 x 24 cm. "On compare ce qui est comparable" (dixit Denise Lach), et l'on garde deux des paramètres fixes, la dimension et le texte. En l'occurrence, il s'agit du début de "Correspondances" de Baudelaire car je le connaissais par cœur et cela évacuait le problème de sa copie exacte.




Voici la fin du processus :

Denise Lach : Calligraphy, A Book of Contemporary Inspiration


Pour notre plaisir calligraphique,Denise Lach est déjà venue deux fois chez Skrivañ  pour nous dispenser deux stages : "Textures d'écritures" et "Écritures méconnues". Lors de ce dernier stage, elle nous avait montré quelques extraits de son travail en cours, qui mettaient en regard des photos de textures issues de la nature et des interprétations calligraphiques de ces structures naturelles. C'était beau.
Elle doit revenir au printemps et j'ai repensé à ce qu'elle nous avait montré et je me suis dit que ce travail avait probablement abouti. J'ai donc fait quelques recherches sur internet, trouvé, fait chauffer un peu ma carte bancaire (mais pas tant que ça) et hier, dans ma boîte aux lettres m'attendait l'ouvrage en question. J'ai passé une très intéressante soirée à le consulter.
L'ouvrage est une vraie réussite : beaucoup de photos, de textures naturelles, de travaux calligraphiques. Mais surtout, Denise y présente en détail et de manière très simple, très pédagogique, une démarche complète et ouverte de création. Y alternent des mises en regard de textures naturelles et de leurs interprétations calligraphiques et des articles illustrés des paramètres de la création calligraphique. Pour vous allécher, voici quelques titres d'articles (en anglais, je craindrais de trahir au lieu de traduire) : Broad nibs, Calligraphy pens, Music nibs, Reed pens and bambou pens, Letter and line spacing, Rotation, Setting a rhythm, Pen position and speed, Serifs, Depth and density...etc.
Je n'ai pas trouvé de publication française, les textes sont donc en anglais. Mais, comme le propos est clair, concis, mon petit niveau d'anglais aidé d'un dictionnaire m'a permis de comprendre assez facilement les textes des articles.




Denise Lach a déjà publié aux éditions Alternatives : "Préfaces et préambules" et "Libres et égaux".

En savoir plus sur Denise Lach


Je vous prépare deux diaporamas des travaux que j'ai réalisé sous sa conduite lors de ses deux derniers stages.
En effet, j'ai beaucoup appris avec elle : créer une texture, s'affranchir des règles classiques de mise en page, percevoir l'aspect graphique des lettres, des textures de lettres en quittant l'aspect purement sémantique, ce qui m'a permis d'utiliser ces dernières comme objets picturaux. Et je pourrais continuer...

jeudi 18 mars 2010

Le temps du calligraphe

Format : 50x50
Technique : médium enduit, ocres, noir de fumée mélangé à de la gouache W&N bleu de prusse, blanc de titane.
Outils : Automatics pens n° 4 et 5, pinceau pointu.

J'ai utilisé cette écriture carrée avec juste les traits des "e" obliques pour un texte de Michel Tournier extrait de " La goutte d'or". C'est cet extrait qui m'a donné envie de calligraphier et a, quelques années plus tard  influencé dès le début mon ressenti physique de l'acte de calligraphier, ressenti qui fait une grande part au souffle. Ainsi que l'expliquent Hassan Massoudy et Michel Tournier au travers de la plume de ce dernier - autant que sa main, l'élève doit maîtriser sa respiration-. Lorsque je calligraphie j'inspire rapidement quand le trait démarre ou monte et j'expire longuement quand il descend ou s'étire. Cela crée un état de concentration profond, permet de calligraphier longtemps sans trop de fatigue et facilite rythme et régularité de l'écriture. Le trait s'en ressent, il gagne en précision ou au contraire traduit par une imperfection l'accroc dans la respiration ou la petite distraction qui s'est invitée.
Voir les essais dans le carnet

" Mais ces petites tâches paisibles et monotones n'étaient en vérité que le prélude au geste fondamental, le tracé de la lettre. Dès sa première calligraphie, Idriss se retrouva plongé dans le temps démesuré où il avait vécu sans le savoir à Tabelbala. Il comprenait maintenant que ces vastes plages de durée étaient un don de son enfance, et qu'il les retrouverait désormais par l'étude, l'exercice et le désintéressement. D'ailleurs, la faculté offerte au calligraphe d'allonger horizontalement certaines lettres introduit dans la ligne des silences, des zones de calme et de repos, qui sont le désert même."


                                                  Michel Tournier
     
p 199 de l'édition en folio de décembre 1987




En savoir plus sur Michel Tournier

Les cabanes d'Od'la : visite d'un intérieur.

Les petites cabanes d'Od'la, suite :
Une vue dérobée sur l'intérieur d'une maison. En arrière-plan des personnages discutent, prennent le thé, ou font autre chose? Et cette jeune fille, dissimulée derrière un paravent ? Curieuse, mélancolique, jalouse, à l'écoute d'une conversation qui la concerne ou juste blessée d'être exclue du cercle ? Au spectateur d'inventer une histoire sur une scène suggestive mais ouverte.
Au détour des cloisons, par le jeu d' arrière-plans, de miroirs, d'images et d'objets détournés, des mondes poétiques se révèlent, parfois peuplés de personnages minuscules visibles mais bien souvent de leurs fantômes.

A admirer dans le diaporama sur la gauche du blog.
A suivre, quand de nouvelles cabanes naîtront.

mercredi 17 mars 2010

Graphos


Ceci est la page d'accueil de Graphos, association marseillaise bien connue des calligraphes et de bien d'autres. Ils publient aussi un blog très intéressant (voir lien sur la gauche de ce blog) grâce auquel j'améliore mes connaissances.
Ils me font l'honneur de m'exposer sur leur galerie jusqu'au 30 août.

Un très grand merci à toute l'équipe de Thot-Graphos et en particulier à Thierry-Emmanuel Garnier et Théophraste Palmeri.

Visiter

Regain 2


Ce tableau est une commande. Il s'agissait de faire plaisir à une personne en particulier, Françoise H. J'ai cherché un texte, un univers littéraire qui rende hommage au travail du paysan, à la terre. J'y ai beaucoup réfléchi, j'ai beaucoup cherché dans notre littérature et j'ai peu trouvé. La solution est venue du cinéma, d'une image que j'ai gardée d'un film vu dans mon enfance, Regain, où  Orane Demazis et Gabriel Gabrio se tiennent devant la colline labourée, Orane Demazis en attitude de semeuse. Le texte est la fin du livre de Giono. Au-delà de la beauté littéraire particulière de ce final, le livre en entier emporte le lecteur dans un mouvement profond, venu des origines. Le propos est servi par une langue magnifique.

Format : 60x40
Technique : médium enduit, pigments, acrylique noire grattée, collage de papyrus, feuille d'or. Plumes carrées, plume J.





« Il est devant ses champs. Il s’est arrêté  devant eux. Il se baisse. Il prend une poignée de cette terre grasse, pleine d’air et qui porte la graine. C’est une terre de beaucoup de bonne volonté.
 Il en tâte, entre ses doigts, toute la bonne volonté.
 Alors, tout d’un coup, là, debout, il a appris la grande victoire.
 Il lui a passé devant les yeux, l’image de la terre ancienne, renfrognée et poilue avec ses aigres genêts et ses herbes en couteau. Il a connu d’un coup, cette lande terrible qu’il était, lui, large ouvert au grand vent enragé, à toutes ces choses qu’on ne peut pas combattre sans l’aide de la vie.
 Il est debout  devant ses champs. Il a ses grands pantalons de velours brun, à côtes ; il semble vêtu avec un morceau de ses labours. Les bras le long du corps, il ne bouge pas. Il a gagné : c’est fini.
 Il est solidement enfoncé dans la terre comme une colonne. »

                                                                                   Jean Giono

Cette interprétation du texte privilégie la terre, la fécondité de la terre. Je pense à une poignée de terre brune et grasse que j'écrase dans ma main, je pense au mot "emblavure".


 J'ai donné une seconde interprétation de ce texte, plus austère, centrée sur l'homme, sur sa transformation. Les deux répondent à mon sens au texte, le choix intervient ensuite sur ce qui résonne chez le spectateur, sans comparaison de valeur. On peut en effet voir dans ce texte comment l'homme par son labeur rend la terre féconde, mais aussi comment le temps du labeur et le temps de la terre transforment l'homme, lui donnant un surcroît d'humanité.
La destinataire du tableau a eu le choix entre les deux versions et a choisi celle de la fécondité, qui à mon avis lui convenait, qui à l'origine était vraiment pensée pour elle.


Les cabanes d'Od'la


J'ai la chance de travailler dans un environnement professionnel où l'intérêt pour l'art est très présent au quotidien. Une de mes collègues, peintre et dessinatrice de talent, a commencé il y a quelques mois à fabriquer des petites cabanes avec des matériaux de récupération. Elle les apporte régulièrement à notre demande et c'est à chaque fois un émerveillement visuel et poétique.
Ces œuvres sont inclassables. Elles ont un aspect extérieur assez brut qui donne envie de regarder à l'intérieur. Cependant, malgré la modestie des matériaux employés, il y a déjà un raffinement architectural étonnant.

Emmanuelle, une autre collègue, a photographié les cabanes d'Od'la, je vous ai mis un premier diaporama des vues extérieures, en haut à gauche du blog.

Demain je vous présenterai les intérieurs.

mercredi 10 mars 2010

Calligraphie latine arabisante


Le week-end dernier, je me suis rendue à Nantes pour suivre un stage de calligraphie latine arabisante et d'initiation au light graf animé par Julien Breton. Deux journées absolument sereines, en agréable compagnie.

A priori, calligraphie latine de style arabisant, je n'étais pas forcément cliente et c'est l'initiation au light graf qui m'a attirée. Cependant, la qualité des traits et de la composition est réellement présente dans les travaux de Julien Breton, que ce soit sur la calligraphie papier ou lumineuse. Et j'ai eu raison de dépasser cet à priori car cette touche arabisante donne des traits élégants, vivants, extrêmement agréables à tracer. Après nous avoir invités à reproduire un alphabet latin arabisant conçu par lui, Julien Breton a très rapidement introduit des éléments de composition, expliqués très simplement et très efficacement, accessibles même aux débutants. De même, il a introduit progressivement les outils, du plus large au plus fin : morceau de papier aquarelle 600g qui donne des traits à grain, automatic pens, plumes, ceci en rapport avec la composition.

J'ai choisi de ne tracer que le mot encre tout au long de ces trois demi-journées. J'ai essentiellement travaillé des compositions de lettres, à l'encre de chine W&N. J'ai travaillé en clair au suede pen pour créer des arrières-plans dont j'ai modifié l'orientation avant de tracer une nouvelle composition, en noir. J'ai parfois lavé des tracés frais pour jouer avec la matière des traits.



Puis j'ai fini par une mise en place avec une bande de couleur. Elle sera cependant à reprendre pour améliorer la qualité des tracés fins qui gagneraient en finesse avec de l'encre ferrique plutôt que de l'encre de chine, celle-ci convenant plus aux tracés larges pour le noir condensé obtenu. Un peu plus de contraste clair/foncé serait aussi bienvenu.











Je vous ai mis un diaporama de mes travaux du week-end à gauche en haut du blog.
La suite à la réception des photos de light graf.

jeudi 4 mars 2010

Bibliothèque du Moustoir : exposition personnelle


Hier après-midi, j'ai installé dix-huit tableaux dans la bibliothèque municipale du Moustoir. Le Moustoir est une charmante petite commune proche de Carhaix en Centre Bretagne. La bibliothèque se situe près de la mairie, dans un bâtiment à l'architecture caractéristiques des écoles de la fin du XIXème siècle. Elle est ouverte le mercredi de 14h à 17h et le samedi de 14h à 16h. L'exposition sera en place jusqu'au 5 mai 2010.





Un grand merci à Anne-Sophie Guillemot.

mercredi 3 mars 2010

Piere Soulages : outrenoir ou noir matière/lumière

A la sortie du couloir noir, j'ai découvert une toile (celle accrochée dos au couloir) avec une vue rasante... Surprise, intriguée, excitée visuellement, interrogative, questionnée par ce que je voyais. Etait-ce noir strié de blanc, ou tout noir ? Je me suis déplacée latéralement, approchée, reculée, j'y suis revenue, et revenue encore. J'ai ôté et remis mes lunettes plusieurs fois. Je ne voyais pas un tableau mais plusieurs différents selon le point de vue. Et mon cerveau  donnait non une seule mais plusieurs interprétations à ma perception. D'un point de vue objectif, tout tableau, tout objet, apparaît différent selon le point de vue, mais chacune de ces vues reconstituent ensemble un unique objet. Là, intellectuellement, je savais bien sûr que c'était un seul tableau, à une place précise mais j'ai mémorisé des images bien séparées de cet unique tableau. De manière générale, les tableaux de Soulages m'ont incitée à les regarder de différents points de vue et j'ai retenu bien plus d'images que le nombre de tableaux présentés. Il a participé à l'organisation de l'exposition, une partie des tableaux a quitté les murs, il a installé des circulations. Cela amène le spectateur à recevoir ses tableaux de manières impromptues et variées.

D'autre part, il est possible de s'approcher des tableaux de très près. On a la possibilité physique de les toucher. Je ne l'ai pas fait, mais je me suis retenue. L'épaisseur de la matière, son volume, ses alternances de matité et de brillance suscitait chez moi cette envie de toucher. Toucher pour comprendre et toucher pour caresser le relief, le sentir. Alors, je les ai touchés avec les yeux.

Dernière expérience : les grands formats. Le champ de vision entièrement rempli par le tableau. Cela modifie encore la vision, la coupe de toute distraction, offre la possibilité d'une perception centrée entièrement sur un seul objet, une seule couleur déclinée en subtiles vibrations. Et par moments, ma perception visuelle m'a parue presque musicale, comme on pourrait parler de la matité ou de la brillance d'un son...

Je suis ressortie de cette exposition très apaisée mais physiquement fatiguée. Tout au long de la journée et des jours suivants, des images des tableaux me revenaient très précisément. J'ai analysé intellectuellement ce que j'avais vu, les moyens employés par Pierre Soulages pour produire ces effets, la manière dont j'avais réagi à ses œuvres. J'ai réfléchi à ses phrases. Ma perception a été bien plus sollicitée que d'habitude et sur des modes variés et imprévus,  mais j'ai ressenti bien plus que des illusions d'optiques. En fait, les mots échouent à rendre compte  de cette expérience. Cependant j'ai réellement ressenti une émotion artistique, élaboré des ressentis et du sens devant ces toiles. J'ai tout simplement été face à un langage plastique ouvert. A relier aux  phrases de 1948 et de 1971.