02 juillet 2026

Atelier du 112

 

 


   Je séjourne en ce moment à Niort car j'ai exposé avec Jean-Noël Riou au Four Pontet à Magné. L'occasion de réaliser une promesse faite il y a quelques mois à Gérard Guerry, animateur passionné de la galerie L'atelier du 112 à Coulon au bord de la Sèvre niortaise. 
 Gérard possède à nouveau une barque maraîchine, la précédente ayant été emportée lors d'une montée des eaux dans le marais. J'avais déjà peint le nom de cette première barque en 2016, "Le 112".

Je viens de réitérer sur sa nouvelle barque avec grand plaisir.
J'ai travaillé au pinceau plat (Da Vinci FIT SYNTHETICS n° 24, manche vert clair) avec de l'acrylique, l'écriture est ma calderitalic adaptée à cet outil. La hauteur de portée est d'environ 10 cm. Le support en métal goudronné donne une texture craquelée plutôt jolie.

Voici la mise en place sur papier, utilisé pour placer le lettrage sur le bateau :


Et pour finir, vous pouvez aller jeter un oeil sur mon Instagram, ici.

01 juillet 2026

Détails de textures et couleurs



 











  J'ai assemblé ci-dessus  six détails de matières et couleurs sélectionnés dans mes tableaux. Au service des intentions de peinture il y a évidemment la composition mais aussi les considérations techniques. Et d'une part  faire preuve de soin dans l'exécution et d'autre part porter attention à ce qui se passe sous ses doigts : là réside l'essentiel.

 Sur ces carrés vous voyez du medium enduit, parfois travaillé avec des pigments préparés ( a-1 et b-1), des encres acryliques (a-2, a-3 et b-3), ou bien recouvert d'un papier fin monotypé (b-2).
 Après la couleur, la matière : juste le médium enduit (a-1, a-3 et b-1), le médium enduit recouvert de papier fin (a-2, b-2 et b-3), le médium, plus le papier fin, plus un lait de marbre (a-2 et b-3). 
 Ces combinaisons de matières et de traitement de la couleur offrent des combinaisons inombrables et une source infinie de découvertes. C'est un des plaisirs de la peinture expériementale que de partir à l'aventure. Ce n'est pas non plus performatif, nul besoin de savoir dessiner, la technique est plutôt gratifiante.

Je partage la base de ces techniques sur mdf du mercredi 19 au  vendredi 21 août au Grouanec (Plouguerneau), à la maison des sources.
Si vous êtes curieux, vous pouvez suivre ce lien.

30 juin 2026

Détails de matières

 

Détails de tableaux, d'échelles différentes











 


C'est d'abord la composition générale qui me fait m'approcher d'un tableau. Comprendre rapidement la structure, ressentir les équilibres/déséquilibres et les dynamiques internes de l'image m'invite à m'attarder un peu plus sur l'oeuvre qui se présente à moi. Une rencontre s'amorce, je me rapproche, entre dans la dimension chromatique. Puis je réduis la distance jusqu'à ce que l'extérieur du tableau s'éloigne pour entièrement être absorbée dans le grain de la matière/couleur. Je touche avec mon oeil, j'écoute la couleur, je me perds dans la surface et ses micro accidents. Mon oeil explore, glisse, s'attarde et je refais le mouvement en arrière, circulant entre différentes échelles de perception de la surface du tableau. Je fais une expérience de réception sensorielle.

 Lorsque je peins, je com-pose mon image, j'organise sur la surface de mon tableau de grandes masses, des circulations, des zones de lumière. Je pense contraste, macro & micro, vibration de la matière. Et peindre m'est une expérience sensoreille - beau lapsus involontaire - sensorielle, totale. 

Peut-être que plus que les mots, les détails de tableaux ci-dessus s'ajouteront à mon discours. Ils se présentent sous des échelles variées car le processus perceptif glisse du macro au micro, s'attarde, revient... Vous pouvez observer un relief réel mais aussi optique car les pigments s'accumulent dans les creux de la matière, simulant une profondeur plus importante que la réalité physique. Le grain de l'enduction, les lacis de fines lignes, les plis d'un papier collé participent à la complexité d'une surface travaillée finement. Le jeu des couleurs, ou de la neutral note joue la partition de la teinte et de la lumière. 

  Ce travail de peinture est nourri de l'observation permanente de la nature au sens large, du monde qui m'est extérieur, proche ou lointain. Ainsi s'est constitué un répertoire mental de sensations, d'analogies, de correspondances.
Et alors, travailler la matière permet de suggérer, d'installer des atmosphères, d'orienter l’interprétation d’une œuvre: évoquer par exemple une matière minérale, archéologique, traduire des matières existantes, les quatre éléments, susciter des souvenirs perceptifs, dématérialiser, créer une atmosphère onirique… jouer d'un langage émotionnel.
 Les images ainsi proposées au spectateur sont ouvertes, à lui de s'engager dans ce jeu sensoriel, mémoriel, émotionnel.

28 juin 2026

L'horloge





  Jean-Noël et moi présentons un nouveau tableau de Co.Ri au Four Pontet à Magné (79). C'est un assez grand format, il mesure 110 x 90 cm, il est peint sur un panneau de médium.
Nous l'avons réalisé cette année, sur un texte de Baudelaire, L'horloge. Plus d'aller-retours que pour les autres Co.Ri, des moments de réflexion commune, de la mise en oeuvre à la fois chacun de notre côté mais aussi ensemble, un choix des couleurs concerté.

Sur un fond aux pigments j'ai calligraphié le texte en entier puis je l'ai partiellement effacé. De manière inattendue mais bienvenue, le pigment ardoise du fond a été fixé sous chaque lettre, créant une texture vivante. 
 Nous avons mis en exergue une partie du texte : "Mon gosier de métal parle toutes les langues" que j'ai posée sur le tableau en lettres dessinées à la manière d'assemblages de formes métalliques. 


A charge pour Jean-Noël de les animer par la couleur et la mise en relief. Puis Jean-Noël a posé des dessins d'artefects temporels - cadrans, engrenages, sabliers ... et superposé les glacis à l'huile, complexifiant subtilement l'image, renforçant des contrastes d'ombres et de lumière, jouant avec les transparences. Dernières touches calligraphiques avec la peinture des chiffres au pinceau pointu et au pinceau plat le rajout de la phrase dramatique "La clepsydre se vide...". Re-glacis un peu partout et notre nouveau Co.Ri était prêt à être présenté.

En suivant ce lien vous pouvez voir la vidéo prise par Agnès Dubart lorsque je calligraphie le fond. C'est sur mon Instagram.

Détails du sablier :

détails de L'horloge
 

Vous avez jusqu'à mercredi soir pour venir le voir au Four Pontet à Magné, au bord de la Sèvre niortaise.

 

14 juin 2026

Exposition d'été au Four Pontet à Magné

 





Jean-Noël Riou et moi-même seront heureux de vous rencontrer au Four Pontet à Magné (région niortaise) du 19 juin au 1er juillet prochains.
 Jean-Noël expose une sélection de ses tableaux, je montre des volumes calligraphiés et nous présentons des Co.Ri dont notre dernier né, une mise en scène de l'Horloge de Baudelaire.
Nous animerons chacun un stage, il reste juste deux places sur le mien " Leporello calligraphié". Je propose la prise en calligraphie d'outils contemporains et une présentation sous forme de leporello.

10 juin 2026

Pointe d'argent, quelques tableaux 2.

Trois détails de Survol 2

 Voici d'autres réalisations dans lesquelles j'ai utilisé la pointe d'argent. La pointe que j'utilise a 2 mm de section, elle est montée dans un critérium.
 


 Dans la série Survols, réalisée sur papier enduit, j'ai utilisé de la pointe d'argent sur les n° 2 et 3 pour figurer des silhouettes qui se projettent sur des territoires vierges. 



Peau d'arbre - 29,5 x 25 cm



Le suppport de "Peau d'arbre" est un panneau de mdf 3mm monté sur baguettes, enduit et recouvert partiellement d'une feuille de papier Wenzhou avec une fine couche de lait de marbre et un léger voile d'aquarelle bleue.

Comme "Plis 1", il a été réalisé sur plusieurs semaines, zones après zones, taches après taches.




Grammaire blanche 7 - 20 x 20

Sur Grammaire blanche 7, la pointe d'argent à permis de renforcer l'impression de creux.

Grammaire 7, détail

06 juin 2026

Pointe d'argent, quelques tableaux 1.

 

Plis 1 - 29,5 x 25 cm


La pointe d'argent est un outil ancien. Avant  les crayons à mine graphite, les peintres l'utilisaient sur du papier préparé, c'est-à-dire un papier sur lequel ils étendaient une mince couche d'enduit à la cendre d'os légèrement teintée de bleu ou de vert. Contrairement à la pierre noire ou au charbon, la mine d'argent ne laisse pas de résidu poudreux. Elle était utilisée pour des esquisses, notamment anatomiques.

 Depuis quelques années je l'utilise parfois pour approfondir des ombres, animer des fonds, dessiner des lignes variées, comme appoint, non comme technique principale. La peinture microporeuse que j'utilise pour mes fonds a des propriétés pumitives (elle accroche les particules d'argent) et elle accueille bien la pointe d'argent.
 Cependant, depuis plusieurs semaines, jour après jour j'ai pratiqué un dessin méditatif sur un temps long. Deux petites compositions ont émergé, "Peau d'arbre" et  "Plis 1" que vous voyez ci-dessus. Sur un fond en mdf enduit, j'ai collé des morceaux de papier fin, que j'ai recouvert d'une autre feuille. Une couche fin de lait de marbre a donné de l'acccroche au papier et j'ai travaillé et retravaillé le fond à la pointe d'argent et au crayon de couleur blanc.

Plis 1 - détails

Grammaire blanche, un tableau 20 x 20 cm rehaussé de pointe d'argent :



Un grand merci à Béatrice Balloy qui m'a fait découvrir la pointe d'argent.


 

23 mai 2026

Expo au Four Pontet à Magné (79)

 



Du 18 juin au 2 juillet 2026, Jean-Noël Riou, CoRi et moi-même exposons au Four Pontet à Magné.
 Les murs du Four accueilleront les oeuvres de Jean-Noël et celles de CoRi, le duo que nous formons Jean-Noël et moi. Au centre de la salle, je présenterai des volumes calligraphiés de tailles variées et des leporellos.

L'exposition sera ouverte tous les jours de 10.00 à 12.30 et de 14.00 à 18.00

Pendant l'exposition, j'animerai un stage sur 3 jours "Leporello calligraphié" du lundi 22 au mercredi 24 juin, stage à la carte sur l'utilisation des outils contemporains : tire-lignes (handwritmic et petit tire-ligne), automatic pen, colapen, plume palette ronde et plume palette square. Nous aboutirons à une composition calligraphiée et montée en leporello. (Il reste 2-3 places)
Renseignements complémentaires et inscription : suivre ce lien.

Pour regarder des travaux d'élèves ayant suivi ce stage : ici, puis ici et encore ici.

Jean-Noël de son côté animera un stage de glacis à l'huile du lundi 22 au jeudi 25 juin à Coulon, sous l'égide de l'association "Lettres et couleurs du Marais".

Un grand merci aux Amis du Four Pontet pour nous avoir intégrés à la programmation 2026 et pour leur appui dans l'organisation du stage que j'anime.


Mon Instagram : suivre ce lien




13 mai 2026

"Le geste humain", un stage de Monica Dengo









 J'ai passé le week-end du 1er mai à Paris pour assister à un stage organisé par l'association Barbedor. Leur invitée était Monica Dengo, une calligraphe italienne de renommée internationale.
 Le thème du stage était "Carnets d'artistes, le geste humain ". Je suis cette artiste sur la toile depuis longtemps et je suis charmée par l'énergie à la fois brute et maîtrisée de ses graphismes, par leur harmonie et leur énergie, par la justesse des équilibres vide/plein et par leur puissance élégante.
 
Nous avons commencé par nous interroger sur la graphie manuscrite versus l'imprimé, soit la main, le geste d'un tracé unique versus la machine qui copie en de nombreux exemplaires un écrit. La machine reproduit quand la main trace, produit un écrit unique dans le temps et l'espace. Comment la calligraphie se positionne-t-elle par rapport à cette dialectique ? Y a-t-il une pratique alternative, qui rend compte du geste humain de manière plus intime que la calligraphie ? Qui quitte le lisible tout en étant porteur de signification et le résultat d'une réflexion esthétique ? De là nous avons exploré la dimension lisible/illisible de l'écriture manuelle quand écrire ne se donne pas pour but la lisibilité et que des champs graphiques s'offrent à la main.
 Nous avons utilisé des outils scripteurs en recherchant leurs possibilités de production de traces : le pinceau plat puis un outil que nous avons choisi. J'ai utilisé un petit colapen triangulaire de ma fabrication. J'ai créé un répertoire de traces puis j'ai sélectionné celles dont la forme évoquaient des lettres J'ai modifié ma façon de tenir l'outil, j'ai l'ai pris par le bout de son manche, en lâchant ainsi une part relative de maîtrise sur l'outil. Les traces, lignes et traits ainsi produits ont été en partie conduits par mes intentions auxquelles se sont mêlés le poids, le pivot, des résistances aléatoires...d'un outil moins soumis que d'habitude. Après la réalisation d'un alphabet, j'ai écrit quelques mots puis un haïku de Basho dont je n'ai gardé qu'un mot, "grenouille". Je savais que je voudrais poser mes lignes personnelles, mes cheminements. La grenouille se déplace, les longues jambes sont des traits brisés, sa langue se projette en une ligne droite et les formes de ses lettres contiennent à la fois la droite, l'oblique et le cercle, soit les traits de base de notre alphabet latin. Monica nous a donné comme consigne d'écrire notre mot en cercle, les lettres étaient là mais non lisibles d'emblée. Et puis on a introduit de la couleur, j'ai utilisé de la gouache dorée, et je me suis laissée aller au plaisir de la trace, de la calligraphie abstraite, du contour, de la matière, des effets de présence, des collisions. Trois livrets sont cousus sur une bande de papier de couverture à quatre plats avec donc des ouvertures de pages qui se superposent. Chaque feuilletage du livre est un parcours unique plus ou moins aléatoire.
  Monica a présenté nos livres en volumes en coinçant les pages dans les plis, comme des sculptures de papier.
 








le colophon du livre

 Le site de Barbedor : suivre ce lien.

Le site de Monica Dengo : suivre ce lien.

Mon Instagram : suivre ce lien.

27 avril 2026

Linocalli - Lascia la spina

 



J'ai animé récemment un deuxième stage Linocalli à Lugano dans le Tessin. Vous voyez ci-contre le tableau que j'ai réalisé tout au long du stage en démonstration.
 Comme le Tessin est un canton de la Suisse où l'on parle italien, j'ai choisi un extrait d'un lied de Haendel, "Lascia la spina, cogli la rosa". Sur mon compte Instagram j'ai choisi l'interprétation de Philippe Jaroussky comme accompagnement musical. La version de Céliclia Bartoli est aussi très belle.
 Nous avons commencé par calligraphier le texte au colapen puis il a été reporté sur du calque et transféré sur une plaque de lino. Est venue l'étape de la gravure puis l'impression. Nous avons imprimé sans presse, au rouleau avec de l'acrylique et au baren avec une encre typo sur du papier fin. Ci-contre, j'ai collé un tirage à l'acrylique rouge, que j'ai ensuite voilé d'une feuille de papier fin. "La spina" est calligraphié à la plume carrée, "Haendel" à la plume J et "Lascia" est posé en gestuelle au colapen. La lettre linogravée, calligraphiée posément à la plume carrée ou lâchée dans une série de gestes vifs se glisse à différents niveaux de présence, de profondeur. S'y ajoute le plaisir du pigment rouge qui s'épanouit sur le grain du papier fin.

Diemensions : 25 x 21 cm

Quelques détails :





Voir le post Instagram (et écouter la musique) : c'est ici.

Je pense mettre ce stage à mon programme de l'année prochaine.