30 juin 2026

Détails de matières

 

Détails de tableaux, d'échelles différentes











 


C'est d'abord la composition générale qui me fait m'approcher d'un tableau. Comprendre rapidement la structure, ressentir les équilibres/déséquilibres et les dynamiques internes de l'image m'invite à m'attarder un peu plus sur l'oeuvre qui se présente à moi. Une rencontre s'amorce, je me rapproche, entre dans la dimension chromatique. Puis je réduis la distance jusqu'à ce que l'extérieur du tableau s'éloigne pour entièrement être absorbée dans le grain de la matière/couleur. Je touche avec mon oeil, j'écoute la couleur, je me perds dans la surface et ses micro accidents. Mon oeil explore, glisse, s'attarde et je refais le mouvement en arrière, circulant entre différentes échelles de perception de la surface du tableau. Je fais une expérience de réception sensorielle.

 Lorsque je peins, je com-pose mon image, j'organise sur la surface de mon tableau de grandes masses, des circulations, des zones de lumière. Je pense contraste, macro & micro, vibration de la matière. Et peindre m'est une expérience sensoreille - beau lapsus involontaire - sensorielle, totale. 

Peut-être que plus que les mots, les détails de tableaux ci-dessus s'ajouteront à mon discours. Ils se présentent sous des échelles variées car le processus perceptif glisse du macro au micro, s'attarde, revient... Vous pouvez observer un relief réel mais aussi optique car les pigments s'accumulent dans les creux de la matière, simulant une profondeur plus importante que la réalité physique. Le grain de l'enduction, les lacis de fines lignes, les plis d'un papier collé participent à la complexité d'une surface travaillée finement. Le jeu des couleurs, ou de la neutral note joue la partition de la teinte et de la lumière. 

  Ce travail de peinture est nourri de l'observation permanente de la nature au sens large, du monde qui m'est extérieur, proche ou lointain. Ainsi s'est constitué un répertoire mental de sensations, d'analogies, de correspondances.
Et alors, travailler la matière permet de suggérer, d'installer des atmosphères, d'orienter l’interprétation d’une œuvre: évoquer par exemple une matière minérale, archéologique, traduire des matières existantes, les quatre éléments, susciter des souvenirs perceptifs, dématérialiser, créer une atmosphère onirique… jouer d'un langage émotionnel.
 Les images ainsi proposées au spectateur sont ouvertes, à lui de s'engager dans ce jeu sensoriel, mémoriel, émotionnel.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire