mercredi 31 août 2011

Carnet fonds de matières et essais, pages 38 & 39.

 Ceux et celles qui suivent ce blog depuis longtemps, se rappellent peut-être de mon carnet de fonds de matières et d'essais. Pour les visiteurs plus récents, un petit tour sur le diaporama éponyme en haut à gauche de ce blog leur montrera de quoi il s'agit : des idées mises en mémoire, des essais, des ébauches.
Souvent, lorsque je suis un stage, les exercices proposés ont pour effet collatéral de susciter une multitude d'idées de travail, plus ou moins en rapport avec le thème du stage. Et donc le soir ou dans les jours qui viennent, je reprends mon carnet. Il y avait plusieurs mois que je n'y avais pas touché, mais je l'avais pris pour le stage de Massimo, et il s'est rempli.
Sur la première double page j'ai tracé des rythmes à différents moments du stage et j'ai finalisé l'ensemble par la pose d'alphabets rapides. Sur la seconde double page, réalisée le premier soir, j'ai voulu juste mettre en application le concept développé dans la journée, ma première impression sur le rythme. J'ai utilisé deux outils modestes : un bouchon de liège et un petit tasseau de bois à la coupe dentelée.

lundi 29 août 2011

Tracer en musique.



Au cours du stage, Massimo Polello nous a proposé un exercice relativement classique : calligraphier en écoutant un extrait musical. C'était une situation qui m'était connue, et dont je n'avais pas un bon souvenir. Cela tient au fait physique que la main ne peut pas suivre le tempo de la musique. Pour moi, l'exercice tournait à la course échevelée, j'essayais désespérément de transcrire la partition et le résultat se révélait peu satisfaisant. Alors cela dit, plusieurs calligraphes et non des moindres pensent que cet exercice est intéressant. Je suppute qu'ils le proposent pour stimuler la créativité, suspendre ce désir de maîtrise du trait qui parfois limite, obtenir de nouvelles formes, ouvrir vers la spontanéité, le geste direct. Je rapprocherais cet exercice de celui qui est pratiqué dans les cours de dessin de modèle vivant, où l'on exige un croquis dans un temps réduit pour aller à l'essentiel.
 Il se trouve que quelques jours auparavant, j'avais visité une exposition "Les couleurs du son", consacrée à Yves Paranthoën qui a exercé le métier de preneur de son à Radio France pendant des années. Pour faire court, l'exposition présentait non des images documentaires mais des paysages sonores. En écoutant les enregistrements proposés, je me trouvais transportée dans un espace sonore, je percevais un lieu en trois dimensions avec la possibilité d'imaginer ses caractéristiques spatiales.
 J'ai abordé l'exercice proposé par Massimo Polello avec d'une part cette optique de perception sonore et d'autre part comme une application du travail sur le rythme qu'il nous présentait depuis le début du stage. Le "protocole" était le suivant : divers outils et couleurs étant disposés devant nous, nous écoutions le début de l'extrait, puis nous calligraphions en musique pendant deux à trois minutes, et Massimo nous laissait environ une minute pour terminer. La première écoute m'a permis de cerner l'atmosphère du morceau, de faire des hypothèses sur la suite et de laisser des images venir. (Mis à part le dernier, Carmina Burana, je ne les connaissais pas.) Ensuite, pendant l'écoute en action de l'extrait, j'ai prélevé et transcrit des éléments significatifs de la musique, en les superposant. On peut comparer cela aux différentes pistes qui constituent un enregistrement musical. J'ai essayé une approche synthétique.
 Il est cependant à noter que le lendemain, lorsque nous avons mis l'ensemble de nos travaux en commun, de nombreux morceaux graphiques méritaient d'être isolés et développés, et que les motifs pris à la volée présentaient suffisamment de points communs pour qu'il soit possible de les associer à chaque extrait musical utilisé.














Le soir, j'ai repris quelques-unes de ces ébauches sur mon carnet d'essais et de fonds de matière. Vous les verrez prochainement.

vendredi 26 août 2011

La vidéo du stage de Massimo Polello.


le-rythme-MPolello-2011-petite par Margoetcolette

Colette nous a filmés durant tout le stage. Voici la vidéo qu'elle a réalisée. Elle retransmet bien l'atmosphère sereine et "abeilles laborieuses" de ces quelques jours.

mercredi 24 août 2011

Stage de Massimo Polello : Les rythmes des écritures, les rythmes de la vie.

 Je reviens de Belgique où j'ai suivi un stage de Massimo Polello : "Les rythmes des écritures, les rythmes de la vie", organisé par l'association belge "Plumes et Calames". Premier point, les belges ont la réputation d'être accueillants, c'est une réputation justifiée. Je dis ici un grand merci aux organisateurs pour ces quatre jours sereins et riches d'échanges. Second point, le calligraphe invité, Massimo Polello était crédité à l'avance de beaucoup de qualités calligraphiques. Nous connaissons son travail, entre autres par la publication du "Traité de la peinture" dans la collection "Grand Pollen" de chez Alternatives, où il dialogue visuellement avec des textes de Léonard de Vinci. L'homme est tranquille, partage son savoir avec disponibilité, douceur, clarté, et tient son cap pédagogique solidement.
Le thème du stage "Les rythmes des écritures, les rythmes de la vie" traite à la fois du rythme global et des rythmes intérieurs de l'espace calligraphié. Constance et variations  en sont les deux concepts clés. Un paramètre constant installe un rythme régulier, dominant. Un second paramètre, plus libre, apporte la variation, c'est-à-dire vie, dynamisme, tension et permet de s'approprier un rythme personnel. La synthèse des deux donne son identité propre à l'espace calligraphié. Cependant Variation ne doit pas se traduire par "chaos". Cela suppose de réfléchir vraiment aux paramètres mis en place.
Nous avons plus travaillé sur les traits calligraphiques et leurs rythmes que sur les écritures elles-mêmes. Lorsque nous avons écrit, cela faisait suite à un travail de visualisation, il s'agissait d'utiliser rythme, traces pour traduire une sensation. Nous avons utilisé de nombreux outils, des plus classiques aux plus improbables. Mais à chaque fois, nous les avons abordés dans l'optique de départ : constance et variations.
Nous avons aussi mis en œuvre le tracé spécifique développé par Massimo Polello, à savoir le dripping. Tout au long du stage, nous avons finalisé des exercices sur de belles feuilles. Nous en avons choisi quelques-unes pour accueillir des tracés selon cette technique du dripping.
La dernière matinée a été consacrée au montage d'une partie du matériel graphique réalisé en carnets, une façon symbolique d'assembler, d'unifier nos recherches, de créer un rythme plus global.

Quelques images d'un des deux carnets que j'ai réalisés : un trois plis.
















Quelques exemples de démonstrations de Massimo Polello, destinées à guider notre apprentissage :














Le site de Massimo Polello : ici.
Le site de Plumes et Calames : ici.

Et pour terminer en beauté, une vidéo des derniers travaux de Massimo Polello :


Massimo Polello - Latest Works 2010 from Photophilla on Vimeo.

mardi 16 août 2011

Musée des Beaux-Arts de Quimper : De Turner à Monet.



En ce moment et jusqu'à la fin du mois, le Musée des Beaux-Arts de Quimper présente une magnifique exposition  :

De Turner à Monet, la découverte de la Bretagne par les paysagistes au XIXe siècle.

Le musée a réuni une très belle sélection d’œuvres du XIXème siècle, des tableaux de maîtres - Turner, Monet, Corot, Boudin, Jongkind, Isabey, Redon et j'en passe. Mais il y a aussi des séries de gravures et de dessins sur le motif qui m'ont beaucoup plu, notamment ceux de Charles Lesage (voir).


En 1847, un jeune professeur de dessin parisien nommé Charles Lesage entreprend un périple à pied de Rennes jusqu'à Brest, carnets de croquis en poche (une quinzaine de dessins ici présentés). A l'époque, la Bretagne, ça se mérite : soixante-douze heures depuis Paris par la malle-poste, un peu moins en vapeur (via la Loire), auberges calamiteuses, paysans méfiants. Lesage fait partie de cette nouvelle génération d'artistes lasse des voyages pittoresques policés, qui recherche la rudesse et l'étrangeté vers l'ouest. La péninsule, auréolée de ses légendes celtiques, attise toutes les curiosités. Leur Saint-Graal, c'est le bout du monde, le vrai : la pointe Saint-Mathieu et ses hautes falaises. Une abbaye y tombe en ruine. Lesage la couronne d'un halo sur papier bleuté. Turpin de Crissé, en 1806, la campe sous la pleine lune, dans un fracas de rochers aux couleurs ardoisées.

(citation : Arts et Scènes Télérama)



 

 

Je connais réellement une partie des paysages représentés. J'ai été surprise de les reconnaître, un siècle et demi plus tard. Je suppose que la capture fidèle des caractéristiques physiques des lieux y participe.

Voici un lien vers une vidéo de l'exposition :



Découvrez Voyage dans La Bretagne de Turner à Monet au musée des Beaux-Arts sur Culturebox !

Lien vers le site du musée.


samedi 13 août 2011

LINKS : Forum de la Calligraphie Européenne



 Les 6, 7 & 8 mai 2011, s'est tenu le forum de la calligraphie européenne à Otzenhausen en Allemagne.
Ce lieu a accueilli rencontres, expositions, ateliers, conférences, et réalisations de fresques.
Les participants : Laurent Pflughaupt, Alessandra Barocco, Stéphanie Devaux, Jean-Marie Dommeizel, Vito Garcia, Stéphane Alfonsi, Erich Meister, Catherine Matte, Denise Luc & David Lozach.
A noter, les expositions des œuvres sont prolongées jusqu'à la mi-septembre.









Voici quelques images :

Quelques-unes des oeuvres exposées : Alessandra Barocco - Organdis à six mains de Denise Luc, Stéphanie Devaux et Jean-Marie Dommeizel - Stéphanie Devaux - Laurent Pflughaupt.
































Des images de la fresque murale :












La fresque au sol :










jeudi 11 août 2011

Liber Végétalis 1.




En latin "liber" signifie "livre". Ce terme désigne aussi en français le tissu végétal situé entre l'écorce et l'aubier qui assure par ses tubes criblés la conduction de la sève élaborée.




Dimensions : 38 x 74cm
Volumen constitué d'un tissu mordoré, de monotypes sur papier Wenzhou, d'impressions sur Ingres et organdi, de papiers Lokta, le tout cousu à la machine.












mardi 9 août 2011

La Gacilly 2 : marchand de couleurs et Art(isannat) d'Art.


La Gacilly est décidément un lieu dédié au plaisir des yeux. En déambulant dans le quartier des artisans d'art, je ne pouvais pas manquer la boutique du marchand de couleurs : "Terres de Gaude". Ce genre de boutique m'attire comme le miel une abeille. Une bien agréable rencontre : Marc Baslé, installé derrière son comptoir, triturait une pâte à base de pigments et d'un liant odorant. Il vend des pigments, des aquarelles, des pastels et des pendules qu'il fabrique lui-même à des prix tout à fait raisonnables. Il a aussi une activité de peintre décorateur. Sa boutique, située 7 bis rue La Fayette, est accueillante. Disponible, il a répondu à mes questions sur les pigments (opacité, toxicité, etc...) et a de plus par ses suggestions, orienté très positivement ma découverte de la Gacilly. Sur l'image ci-dessus, vous pouvez voir des pastels en cours de séchage sur le bord de sa fenêtre et une gamme de pastels secs. Je me suis laissée tenter par des pigments : du vert pistache et de l'ocre rouge d'Apt.













Sur ses conseils, j'ai visité un espace consacré aux métiers d'art : "Passerelle". A l'étage, se tient une exposition d’œuvres plastiques "Inspiration Nature", à la croisée des arts décoratifs, du design et de la sculpture. J'ai plus particulièrement apprécié la poésie des petites cabanes de verre sérigraphié de Pauline Bétin, qui évoquent les jardins ouvriers et les sculptures végétales en papier de soie blanc de Maryse Dugois.



















Le site de La Passerelle : ici.
Le site de Pauline Bétin : ici. Celui de Maryse Dugois : là.

dimanche 7 août 2011

Arz er Chapeliou Bro Leon : art contemporain et patrimoine.






 Pour la sixième année consécutive, du 17 juillet au 15 août 2011, l'association Arz er Chapeliou Bro Leon invite le public à découvrir les rencontres entre des univers d'artistes contemporains et des bijoux du patrimoine religieux, des chapelles nichées dans les paysages du Léon (pays situé au nord-ouest du finistère).





Quatorze lieux et dix-sept artistes présentés, j'en ai visité cinq et quatre ont retenu mon attention.

L'image ci-contre présente un extrait d'une œuvre sur papier de lin d'Yveline Abernot. Elle présente une série de calligraphies contemporaines dans la chapelle Saint-Yves du Bergot située sur la commune Lannilis. Douceur, harmonie, équilibre se dégagent de ses œuvres qui réunissent énergie du tracé, rythme, dialogue des formes avec le vide et le plein et témoignent d'une belle recherche sur la composition. Les œuvres  présentées entrent réellement en relation avec le caractère intimiste de la chapelle.
Lien vers la page qui lui est consacrée sur le site d'ACBL : ici.
Vous pouvez aussi vous rendre à son atelier, dans le quartier des artistes à Camaret.
Voici quelques images :
















Je me suis ensuite rendue à la chapelle Prad Paol, une chapelle située sur la commune de Plouguerneau. L'endroit, l'ouvrage sont magnifiques, la célébration païenne du culte de l'eau n'est pas bien loin, nous sommes en terre celtique. La chapelle est nichée dans un nid de verdure, trois sources y jaillissent, l'une alimente une fontaine en pierre, la seconde à côté de la chapelle, la troisième DANS la chapelle. Pour y entrer, l'on passe entre deux stèles gauloises. Elle accueille des oeuvres d'un calligraphe arabe, Mohammed Idali. J'ai apprécié ses œuvres sur papier, subtiles.
Lien vers la page qui lui est consacrée sur le site d'ACBL: ici.
Lien vers son site : ici.

La chapelle :


















Quelques images des œuvres :














L'étape suivante est la chapelle Saint-Laurent sur la commune de Plouguerneau, qui accueille des œuvres de Paul Bloas. (Au bourg de Plouguerneau, prendre la direction Saint-Michel Le Korejou et puis c'est indiqué à droite). Cet artiste a commencé sa carrière à Brest en 1984-86 en affichant sur les murs de la ville d'immenses silhouettes blanches peintes sur papier, offertes aux intempéries. Cela plaisait bien aux brestois. Puis il est passé à la couleur, toujours de grands hommes sur des supports fragiles, investissant divers lieux à Brest et ailleurs. Dans la chapelle, il présente  des peintures et des des dessins, notamment quatre études pour un projet in situ à Lisbonne. Elles m'ont beaucoup plu.
Lien vers la page qui lui est consacrée sur le site d'ACBL : ici.
Lien vers son site : ici.















La dernière chapelle de mon circuit est Sainte-Marguerite, sur la commune de Landeda. Installée près d'un grand rocher, elle domine la mer. L'artiste, Jean-Pierre Blaise a conçu son exposition en fonction du lieu, une chapelle marine construite sur la dune. Il s'est attaché à un objet symbolique de sa préservation : les ganivelles, barrières de poteaux de bois destinées à retenir le sable et à protéger la végétation spécifique qui fixe la dune, des pas des humains. La dune est un espace fragile, mouvant, menacé par la mer mais qui ensable aussi parfois les constructions humaines. Jean-Pierre Blaise présente de grands lavis à l'encre noire, des gravures (eau forte et aquatinte), des oeuvres plastiques en bois peint et une série de photos à la manière d'ex-votos. C'est un très beau travail, cependant je n'ai pas pris de photos car cela n'était pas permis. Je vous donne donc le lien vers la page qui lui est consacrée sur le site d'ACBL : ici.
Page Wiki-Brest : ici.

samedi 6 août 2011

La Gacilly 1 : galeries de photos à ciel ouvert.




La Gacilly, village situé dans le Morbihan est connu car il est le berceau de l'entreprise de cosmétique végétale "Yves Rocher". Au cours des trois dernières décennies, un nombre important d'artisans d'art s'y est aussi installé et depuis huit ans un festival de photos en plein air y est organisé chaque année.
 Je crois que La Gacilly pourrait aussi être connue comme un village jardin, avec des rues follement fleuries, des espaces naturels qui accueillent des espèces sauvages, un jardin labyrinthe dont les allées sont délimitées par des haies d'osier vivant tressé... et plus encore.
 C'est un cadre idéal pour accueillir des expositions de photos à ciel ouvert. Le village est en fait une immense galerie consacrée à la photo : des tirages grand format sur des panneaux résistant aux intempéries d'excellente qualité ponctuent la déambulation. Le thème de ce huitième festival est "Peuples et nature", il se situe dans le cadre de l'Année Internationale des Forêts.  Un seul regret, il faudrait passer plus qu'une demi-journée pour recevoir toutes ces images. J'ai donc fait des choix. Je retiens en premier lieu les "Images buissonières", photos en noir et blanc de Marc Riboud, présentées dans la galerie du labyrinthe végétal.















Dans la galerie de La Passerelle, j'ai été interpellée par les "Cabanes", qui présentent des constructions précaires fabriquées par des exclus de notre société (pauvres, sans-papiers...) qui trouvent un dernier refuge au sein de "jungles" occidentales.La forêt comme seul abri possible, l'arbre pour protéger et fournir l'armature du foyer.

















Mon dernier choix est "Méditations" de Michael Kenna, exposition présentée dans la Galerie de la rue Saint-Vincent. Ces images ont fait écho au travail que je mène dans ma série Végétalis.






















Les deux photos ci-dessus proviennent du site du festival : Nicolas Henry et Michael Kenna.


La première photo présentée dans ce billet a été réalisée par Michael Nicols pour National Géographic, elle mesure 12 mètres de haut et a nécessité la mise au point d'un appareil gyroscopique doté de trois objectifs.

Et pour finir, cliquez ici. C'est le site du festival.