lundi 31 mai 2010

Petits carrés de mai 3.


" Tirez de vos regrets tout ce que vous pourrez ; n'étouffez jamais votre chagrin, soignez-le et choyez-le jusqu'à ce qu'il offre un intérêt distinct et intégral. Regretter profondément, c'est vivre à nouveau."
H.D. Thoreau  Journal, Novembre 1839


Dimensions : 20x20

Technique : médium enduit, gravé et poncé, gouache rouge de chine, aquarelle gris de payne, carmin d'indigo.
Outils : plume baïonnette, gouge.

mercredi 26 mai 2010

Anglaise gestuelle : stage de Kitty Sabatier

Récemment, l'atelier de calligraphie Skrivañ a invité Kitty Sabatier pour un stage d'anglaise formelle et gestuelle.

Difficile... et enrichissant au possible. Nous avons commencé par la plume baïonnette puis nous avons expérimenté ces mêmes formes anglaises avec divers outils.


L'image présente les modèles que Kitty Sabatier a affichés au mur.







Voici un de mes essais réalisé au parallel pen modifié. Vous pouvez en regarder d'autres sur le diaporama.

mardi 18 mai 2010

Atelier de Calligraphie Skrivañ : exposition des adhérents.

Aujourd'hui en fin de journée, je suis allée au vernissage de l'exposition des adhérents de Skrivañ, l'atelier de calligraphie brestois dont je fais partie. C'est toujours très agréable de se retrouver.
Le thème choisi, " Le temps" , a manifestement inspiré les auteur(e)s des œuvres exposées. Celles-ci présentent des aspects très variés de la calligraphie latine, faisant aussi bien la part aux écritures historiques qu'à des propositions contemporaines, cela avec une qualité de trait et de composition certaine. Une attention particulière est à porter à une série d'enluminures pleines de délicatesse.


L'association Skrivañ existe depuis 1993. Elle est actuellement présidée par Alain Coroleur.  Elle propose à ses adhérents des cours à l'année animés par des enseignantes bénévoles et invite chaque année cinq calligraphes et une enlumineuse professionnels pour des stages de deux jours.




C'est la nouvelle mairie du quartier de l'Europe qui accueille l'exposition,  jusqu'au 3 juin 2010.
Ouverture de 8H 30 à 12H 00 et de 13H 30 à 17H 30 sauf le samedi après-midi et le dimanche.

Mairie de l'Europe, 31 rue Saint-Jacques, 29200 Brest


                                                                                                                                  

dimanche 16 mai 2010

Petits carrés de mai 2.


Support : petit carré mis au rebut enduit à nouveau en noir. Des écritures antérieures transparaissent sous le noir. Elles sont renforcées par un voile de blanc de titane qui donne aussi de la présence aux lignes en relief créées lors de l'enduction et éclaircit le fond, offrant suffisamment de contraste pour tracer en noir sur noir. Les écritures sont réalisées au cola pen et à la plume J. Un surplus de matière imprévu mais heureux est apparu sur la gestuelle au cola pen avec l'application du fixatif.

Dimensions :  20 x 20

L'intégralité du texte est présente sur le carré d'origine, une partie seulement sur cette seconde surface. Je l'ai choisi dans le recueil "Poésie verticale" d'un auteur argentin, Roberto Juarroz. J'y retrouve sous une forme poétique et épurée les interrogations sur la réalité que j'ai appréciées chez d'autres auteurs argentins comme Borges ou Cortazar.


Texte de Roberto Juarroz (153 - V 43) :

Le toucher invente dans la nuit
un dessin nouveau
.

Et le corps reformule en lui-même
la réalité primordiale.

Le toucher est une autre forme de pensée du corps.

En savoir plus sur Roberto Juarroz (Wikipedia)

Dans les librairies en lignes :
http://www.jose-corti.fr/auteursiberiques/juarroz-roberto.html
http://www.amazon.fr/Po%C3%A9sie-verticale-Roberto-Juarroz/dp/2757800256
http://livre.fnac.com/a1825949/Roberto-Juarroz-Poesie-verticale

samedi 15 mai 2010

Petits carrés de mai 1.

Technique : médium enduit, modeling paste, pigment violet de mars éclairci de blanc de titane, collages de papiers chinois monotypés et calligraphiés (plume baïonnette), de tarlatane, écriture gestuelle au pinceau japonais à l'encre pigmentée. Ponçage pour faciliter l'accroche.

Dimensions : 20 x 20

Très peu de texte, des extraits du "Rayon de lune" de Maupassant (papiers calligraphiés et gestuelle).



"Et j'ai surpris plus d'un secret..."

mercredi 12 mai 2010

L'estran, une oeuvre du sculpteur plasticien Mich Mao

Je ne parle pas en général de ma vie familiale ici, ce n'est pas le sujet de ce blog. Mais je vais faire une petite exception, car il y a un rapport artistique. Ma mère souhaitait se faire plaisir et m'avait parlé de son désir d'acquérir une sculpture. J'avais bien entendu salué l'idée. Puis quelque temps est passé, elle allait aux expos et un jour où j'étais chez elle, elle m'a demandé de rester un peu pour accueillir avec elle le "sculpteur" qui venait lui livrer son acquisition. C'était Mich Mao, elle lui avait acheté ce que vous voyez sur l'image. Heureux choix.
Mich Mao est sculpteur plasticien, il travaille beaucoup à partir de métaux de récupération qu'il découpe et assemble. Cette sculpture a pour nom "L'estran", c'est un poisson dont la forme évoque les coques d'épaves de bateaux couchées, abandonnées en bordure de mer ou d'estuaire.


VOIR LE  DIAPORAMA

En ce moment, Mich Mao expose à Pont-Scorff.
Il sera aussi présent jeudi, vendredi et samedi de cette semaine à la Foire aux Croûtes, place Guérin à Brest.
Un lien vers son site.


Définition du mot "estran" : Partie du littoral située entre les lignes de basse et haute mer.

dimanche 9 mai 2010

Rustica au tire-ligne


Pour rebondir sur le commentaire de Callie au sujet du dernier post, voici quelques lettres d'un alphabet Rustica interprétées brièvement au tire-ligne.
Les lettres sont tracées assez rapidement, le tire-ligne est tenu sur la pointe pour les déliés, sur le côté en veillant au contact avec le support pour les traits pleins.
L'écriture est interprétée : simplification qui ne garde que les traits pertinents.
Médium : pigment noir de fumée. Support : papier tendu sur une plaque de contreplaqué marine et enduit.
Le tire-ligne a été acheté chez John Neal Bookseller.
Le "Calligraphie" de Claude Médiavilla donne de beaux modèles de rustica.
Dernière remarque : La rustica tracée au pinceau plat promet aussi beaucoup de plaisir au calligraphe.

Vu quelques heures plus tard : le "c" est à oublier.

mercredi 5 mai 2010

Mais il n'y a pas que les pierres qui volent...



Quelques mots échappés d'un texte de Michel Tournier "Les chiens de Palmyre" ou "Dites-le avec des pierres". Ce texte compte parmi ceux que je préfère de Michel Tournier. C'est un bijou de style , à donner en exemple à tous les lycéens qui passent leur bac de français pour l'articulation des idées et l'ouverture finale.
Dans ce texte, Michel Tournier analyse la pierre (celle que l'on ramasse comme arme primitive) comme élément de la civilisation du désert.

Voici la fin du texte :
... Mais il n'y a pas que les pierres qui volent. Il y a celles que l'on pose pour inaugurer une œuvre de paix. "Etre homme, a écrit Saint-Exupéry, c'est sentir en posant sa pierre que l'on contribue à bâtir le monde."
Une cité israélo-palestinienne par exemple.




Dimensions : 31 x 31
Technique : papier enduit, noir de fumée
Outils : gros tire-ligne de John Neal, scalpel.

Rustica tracée dans un style brut au tire-ligne.





Références : "Lieux dits" de Michel Tournier, en Folio (avril 2002)

Dépenser deux euros.

En savoir plus sur Michel Tournier (Wikipedia)

lundi 3 mai 2010

Duane Hanson à la Villette : Le rêve américain.

J'ai passé le week-end dernier dans la capitale. Le premier mai, tous les musées sont fermés, c'est la fête du travail. Mais, pour mon plaisir égoïste, le parc de la Villette a dérogé à cette règle et jusqu'au 15 août, il accueille l'exposition itinérante en Europe d'un grand sculpteur américain, Duane Hanson. Et cerises sur le gâteau, non seulement l'entrée est gratuite, mais les médiatrices qui expliquent la démarche de l'artiste le font de manière particulièrement vivante et passionnée.

Les sculptures sont présentées dans un espace blanc minimaliste, mais subtilement, le dispositif de présentation intègre les déambulations des visiteurs de l'exposition. En effet, ces sculptures sont hyperréalistes, de taille réelle. Il est clair que celles qui sont mises en scène parmi des objets de la vie courante ont d'emblée aux yeux du visiteur le statut (on met le mot au féminin ?) de sculpture. Mais, certaines, par leurs poses naturelles, donnent plus qu'un instant l'illusion de faire partie des visiteurs. L'on ne peut résister à la tentation de s'approcher de près, pour vérifier si ces personnages sont vraiment inanimés. Intellectuellement le doute se lève, mais pas tout à fait au niveau de la perception. La peau des personnages est criante de réalité jusque dans ses plus petits défauts. Pas de lissage, de stylisation de la peau : le réseau bleuté des veines, les poils ou duvets, les tâches de rousseur, les marbrures rougeâtres, les fins plissés des articulations, les petits boutons..., tous ces détails concourent à une impression de réalité brute. L'on cherche la pulsation du sang sous la peau et c'est si bluffant qu'en vision périphérique, l'illusion du mouvement est là. Alors, l'on se recule pour vérifier que le personnage est vraiment immobile. Il faut se rassurer.
 Passée cette fascination de l'hyperrréalisme, le malaise apparaît. Pour deux raisons : cette fascination pousse le spectateur à fixer les personnages, à s'approcher très près d'eux, bien plus près qu'il ne pourrait le faire avec ses concitoyens. Il transgresse un code social installé depuis l'enfance : "On ne dévisage pas les gens." Et de spectateur, il devient voyeur. Car il subsiste un léger doute sur la réalité du personnage.
La seconde raison tient à l'attitude des personnages : elle révèle la tristesse, l'accablement. Leurs regards sont tous obliques et dirigés vers le sol. Duane Hanson ne se moque pas de ses modèles, aucune ironie de sa part, mais plutôt de la compassion pour ces gens de la middle-class américaine, travailleurs englués dans le paradoxe d'une société de consommation qui les vide d'aspirations personnelles et les rend esclaves du travail, insatisfaits devant un mirage inatteignable. La sculpture de Duane Hanson est politique - "Et l'homme dans tout cela?"- elle témoigne sur son époque, elle critique un fonctionnement de société en montrant ses effets sur les individus. En cela, elle est humaniste et nous émeut.
Les deux sculptures que j'ai préférées se situent aux deux extrémités des âges de la vie : un bébé dormant dans sa poussette et cette vieille femme sur l'image de ce post. Elles reflètent beauté et humanité.

Lien vers La Villette
Pour en savoir plus sur Duane Hanson : lien vers Wikipedia
Voir des images des oeuvres.